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Table des Matières

43.- Protéger le Patrimoine

431.-Les Successions d’Etats aux Droits matrimoniaux.

432.-La destruction du patrimoine par des hordes des barbares et criminels

4321_L’emphytéose d’Ango-Ango

4322_Le hold-up d’Etat belge du patrimoine des 500 entreprises

4323_La convention de New York

4324_La Zaïrianisation(1973), la radicalisation(1974), la rétrocession(1975),la privatisation(1983)

4325_La spoliation des maisons de l’Etat

4326_Les pillages de 1991,992,1993

4327_La Vente du Congo aux Puissances étrangères (17 mai 1997)

433_La construction  des Biens nouveaux

4331_construction de Inga IV

43.- Protéger le Patrimoine

 

431.-Les Successions d’Etats aux Droits matrimoniaux.

 

Pour accéder à l’imperium des 13 Puissances, signataires de l’Acte Général de Berlin du 26 février 1885,octroyant à ces dernières, des privilèges quasi divins sur le Bassin Conventionnel du Congo, Léopold II s’est prévalu du Traité de Vivi du 13 juin 1880, signé entre ses représentants et les Chefs locaux de Vivi. Quelques mois auparavant, c’est ce même traité qui lui a valu, le 22 avril 1884, la reconnaissance du Sénat américain, des droits patrimoniaux acquis au Congo, y compris le drapeau de son AIC, que lui confère ledit traité. De même, pour accéder au patrimoine de l’Etat Indépendant du Congo, la Belgique a dû signer un Traité de cession du 28 novembre 1907 avec ce dernier dont l’article deux stipulait notamment que : La succession comprend tout l’avoir immobilier et mobilier de l’ Etat Indépendant du Congo et notamment : 1°La propriété de toutes les terres appartenant à son domaine public ou privé, sous réserve des dispositions et obligations indiquées dans l’annexe A de la présente convention ; 2°Toutes actions, obligations, parts de fondateur ou d’intérêt dont il est fait mention à l’annexe B ;3°Tous les bâtiments, constructions, installations, plantations et appropriations quelconques, établis ou acquis en Afrique et en Belgique par le Gouvernement de l’Etat Indépendant du Congo, les objets mobiliers de toute nature et le bétail qu’il possède, ainsi que ses bateaux et embarcations avec leur matériel, et son matériel d’armement militaire, tels que repris à l’annexe B,n°s2 et4 ; 4° L’ivoire, le caoutchouc et les autres produits africains qui sont la propriété de l’Etat Indépendant du Congo, de même que les objets d’approvisionnement et autres marchandises lui appartenant, tels que repris à l’annexe B,n°s 1 et 3. Et la Belgique, par la Loi du 18 octobre 1908, a créé sa Colonie du Congo-Belge. Plutard, lorsque l’on arrive le 29 juin 1960,profitant de l’ignorance du Premier Ministre Lumumba (ou sa manipulation),ce n’est plus un Traité de cession qui est signé entre les Gouvernements belge et congolais, mais un Traité Général d’amitié, d’assistance et de coopération. Poussant la comédie au plus tragique, par ce traité, le gouvernement belge s’engage, notamment à fournir au Congo, le personnel administratif, judiciaire, militaire, culturel et scientifique que le Congo désirerait….Pas un  seul mot sur la succession aux droits patrimoniaux, au patrimoine tout court. Pas un seul mot sur la remise et reprise entre les deux gouvernements. Et, le Parlement belge, s’étant bien rendu compte de la farce, s’est refusé de ratifier ledit traité jusqu’à ce jour. Au Congo, non seulement qu’aucun Parlement congolais n’a jamais ratifié cet odieux traité, mais aussi, par sa Décision d’Etat N°73/CC/89 du 13 janvier 1989 relative aux relations belgo-congolaises, le Congo a décidé :1°la dénonciation du traité du  29 juin 1960,de la convention générale du 28 mars 1976 ;2°la réouverture du contentieux belgo-congolais. Ainsi, contrairement à la pratique de toutes les autres puissances coloniales, aucun accord international général, ni disposition constitutionnelle particulière n’avait organisé le transfert des droits et obligations entre l’Etat belge et sa colonie. Le processus de séparation a conduit à un vide juridique non comblé jusqu’à ce jour. Au contraire, depuis le 17 juin 1960, la Belgique s’acharne à voler, piller, ruiner, détruire,… les ressources du Congo; quitte à courir au secours, comme le font tous les criminels qui reviennent toujours à leurs lieux de crime pour se délecter, savourer les restes de leurs victimes. Un contentieux est né depuis cette date. Et les avoirs congolais séquestrés par la Belgique se chiffre à 6.000(six mille) milliards de dollars américains que la Belgique doit rembourser à la RDC. Le Gouvernement actuel, au lieu d’œuvrer dans le sens de la défense, de la protection des intérêts souverains du Congo, se complaît à des enfantillages criminels, sans plus. C’est là un crime de haute trahison, un de plus.

 

432.-La destruction du patrimoine par des hordes des barbares et criminels

 

4321_L’emphytéose d’Ango-Ango( du 14 novembre 1910).

Une Convention portant sur une concession de terres, le transport et la vente du pétrole au Congo a été signée entre le Roi Albert 1er et la Société pétrolière du Congo, le 14 novembre 1910. Les reconductions successives de cette Convention aux clauses exclusivement avantageuses pour la Société pétrolière du Congo, ont abouti à un contrat léonin. Ces reconductions sont illicites, portant la durée de l’emphytéose de 50  à 70 ans, puis de 70 à 9O ans jusqu’en 2014, et de 90 à 101 ans, la Concession ayant alors pour expiration définitive la date du 31 décembre 2025. Les intérêts de l’Etat congolais n’ont été ni protégé ni promus. L’Etat  assiste impuissant au détournement systématique des revenus locatifs des installations dont il est propriétaire : station Ango-Ango, pipe-line, station de stockage de Kinshasa,…

4322_Le hold-up d’Etat belge du patrimoine des 500 entreprises congolaises par la loi belge du 17 juin 1960. En effet, il avait été convenu, par écrit, entre les Belges et les Congolais, que la Belgique ne prendrait aucune initiative unilatérale engageant l’avenir du Congo avant le 30 juin 1960, date fixée pour l’indépendance. Là où des mesures urgentes devaient être prises avant le 30 juin 1960, la Belgique le ferait de commun accord avec le Collège Exécutif. Et en application de cette volonté, le Royaume de Belgique mit en place par décret le Collège Exécutif Général jusqu’au niveau des Territoires. Mais en violation flagrante de ces Résolutions, de l’article ler de la Charte coloniale et de la Loi Fondamentale du 19 mai 1960, le Parlement belge votait à la sauvette une loi qui écroula l’économie du nouvel Etat, c'est la loi du 17 juin 1960. En effet, le 16 juin 1960, le Roi Baudouin avait pris un Arrêté Royal convoquant les Chambres législatives congolaises en session extraordinaire, et le 17 juin 1960, les deux Chambres avaient effectivement siégé. La Chambre des Représentants avait ouvert sa séance le 17 juin 1960 à 9H50' (compte-rendu du 17 juin 1960). Devant une situation aussi précise, le Parlement Belge n'a pas pu ignorer qu'en date du 17 juin 1960, la République du Congo avait un Parlement qui siégeait déjà conformément à la Loi Fondamentale, votée par le même Parlement de Belgique. C'est donc délibérément qu'il avait agi, avec préméditation et intention de détruire. Votée précipitamment par le Parlement Belge à la veille de l’accession de notre pays à l’indépendance, cette loi a offert aux sociétés de droit congolais la possibilité d’opter pour la nationalité belge. Cette manœuvre a eu pour conséquences : - la division des patrimoines des sociétés dont une partie (la plus importante) se situe en Belgique et l’autre, composée essentiellement des biens matériels et immobiliers pour la plupart vétustes, est restée au Congo ; - l'évasion fiscale due au fait que cette loi a accordé une exonération fiscale exceptionnelle en faveur de ces sociétés; - la fuite des capitaux résultant des transferts frauduleux des ressources des sociétés devenues alors de droit belge. Pendant que le Parlementaire belge discutait du projet de loi, la presse, elle miroitait le syndrome du chaos et de l’anarchie. La peur du chaos et de l’anarchie réussit à convaincre hommes d'affaires et commerçants, et on assistera sur le plan juridique à l’exode massif de toutes ces sociétés vers la métropole. La plupart de ces sociétés avaient été mises sur pied avec la participation du Congo-Belge et/ou avec des crédits des banques ou gouvernements étrangers, lesquels crédits étaient garantis par la Colonie. C'est de cette façon que la plus importante part du Portefeuille de l’Etat s’émoussa et que la dette congolaise augmenta en volume. Il est ainsi établi que la loi du 17 juin 1960 avait des intentions préméditées. Elle était donc votée dans l’unique intention d'anéantir aux intérêts du nouvel Etat, le Congo. Cette loi a donc causé un préjudice énorme à la Nation Congolaise et ce préjudice doit être réparé. Ainsi est né le contentieux belgo-congolais.


4323_La convention de New York

Le 15 novembre 1960 était signée à New York la convention entre le Royaume de Belgique et la République du Congo portant dissolution de plein droit de la Banque Centrale du Congo-Belge, en se basant sur le bilan de sa liquidation dont l’état des actifs et des passifs a été établi au 31 août 1960 par les accords de Genève pourtant dénoncés par le Gouvernement congolais en son temps. Cette convention ne fut ratifiée que dix ans plutard par Mobutu, le 16 février 1969. Un contentieux est né, non  résorbé jusqu’à ce jour. 

4324_La Zaïrianisation(1973), la radicalisation(1974), la rétrocession(1975),la privatisation(1983).

43241- ZAIRIANISATION. Décidées par le Gouvernement  le 30 novembre 1973, les mesures de Zaïrianisation consistaient en la reprise par les Congolais de biens et activités commerciales appartenant à des étrangers moyennant un soi-disant paiement de la valeur du bien par l’acquéreur Zaïrois à l’ancien propriétaire . Le délai  du paiement accordé aux acquéreurs au terme de la loi 78/003/78 du 20 janvier 1978 était de dix ans . Cette dette arrêté en DTS mais payable en Zaïres monnaie aux taux de change du moment du paiement, devait s’échelonner sur 20 semestrielles à partir du 20 janvier1978 . Finalement, c’est l’OGEDEP qui s’endetta au profit de quelques barons mobutistes, pour des millions de dollars us. Il faut noter que le délai ayant expiré en 1988, l’OGEDEP a proposé q’un moratoire dont la durée était de 2 à 3 ans soit accordé aux acquéreurs, discréditant à jamais les populations congolaises, qui n’ont jamais vu la couleur de cette manne. Ces acquéreurs doivent être poursuivis. Le Gouvernement doit présenter des excuses publiques à la Communauté Internationale. Que plus jamais notre Etat ne puisse se permettre une quelconque récidive.

42242- RADICALISATION. il faut entendre la décision prise par le bureau politique du MPR parti Etat en janvier 1974 plaçant sous le contrôle de l’Etat certains biens appartenant aux privés nationaux ou étrangers et dont le capital social dépassait cinq mille Zaïres (5.000,Z) de l’époque. C’est une hystérie destructrice, propre à des imbéciles. 42243- RETROCESSION. Devant l ‘échec de toutes ces mesures qui ont eu pour conséquences, la destruction de tout le tissu économique du Congo, l’Etat a décrété en 1976 des mesures générales de rétrocession des biens zaïrianiés à leurs ancien s propriétaires. Ces dispositions ont été confirmées par la loi n°77-027 du 17 janvier 77, portant mesures générales de rétrocession des biens zaîrianisés mais la quasi totalité d’anciens propriétaires ne regagnèrent pas le Zaîre et nombre des biens zaïrianisés ne furent pas récupérés. Il y a lieu de noter que plusieurs Ministères ont pris part au processus d’exécution de la zaïrianisation. Il s’agit des Ministères de l’Agriculture, du Commerce, de l’Economie,  des Travaux Publics et des Mines et des Commissions régionales de l’ANEZA. Il en est résulté un grand désordre , des abus et des conflits dans l’attribution de ces biens. Pour y remédier,  l’Etat confia cette compétence au seul Département du Portefeuille (loi 77-027 du 17 novembre 1977). Ainsi à la suite des pressions exercées sur l’Etat  par les gouvernements des pays d’origine de ces propriétaires et dans le souci d’assurer l’indemnisation, le Gouvernement  prit en 1978 la loi n°078-002 du 20 janvier 1978 portant mesures de recouvrement des sommes dues à l Etat par les acquéreurs des biens zaïrianisés par le truchement de l’OGEDEP. La gestion du dossier de la zaïrianisation par l’OGEDEP est intervenue six ans après l’application des mesures de zaïrianisation au moment où plusieurs affaires zaïrianisés avaient déjà été soit réattribuées, soit rétrocédées, soit pillés ,ou même vendues. Il faut déplorer  le fait de la confusion  entretenue et l’absence de centralisation des dossiers résultant de la dispersion des centres d’exécution des mesures de zaïrianisation. De ce fait, l’OGEDEP n’était pas en mesure d’identifier tous les acquéreurs. Cette tragédie est un des plus graves crimes économiques, commis par les responsables de la deuxième république, à tous les niveaux. Il y a eu plus ou  moins 587 entreprises qui ont ainsi disparues du Patrimoine congolais. Tous ces malfaiteurs doivent être déchus de tous leurs  droits politiques pour au moins deux décennies.

 

4325_La spoliation des maisons de l’Etat

 

Il convient de rappeler qu’avant l’Indépendance, des maisons avaient été construites par la Colonie pour loger ses services publics et fonctionnaires expatriés. Après le pronunciamiento du 24 novembre 1965, la quasi totalité de ces biens immobiliers de l’Etat furent vendus à vil prix, et, surtout cédés gratuitement à des particuliers. Cette vandalisation est, ni plus, ni moins, est un abus des biens sociaux, opéré par la Présidence et l’IGP.Ces infâmes opérations à répétitions furent  couvertes par une ordonnance scélérate, n°72-034 du 10 août 1972.La Présidence de la République, cautionna tous les vols perpétrés par la lettre BPR/CC/2953/75 du 23 octobre 1975,  à savoir :-L’entérinement  des ventes conclues au profit des personnes, disposant des preuves de paiement, notoirement falsifiées.-Le paiement de complaisance des maisons lorsqu’il n’y a pas eu de documents quelconques.-La vente d’une maison par personne. -L’inaliénabilité de celles situées au bord du fleuve et des maisons considérées comme biens du domaine public de l’Etat. Et pourtant, les services responsables ont continué à vendre ces maisons à vil prix ou  à les céder à titre gratuit aux tiers. Pire encore, malgré la publication de l’ordonnance n°89-034 du 30 janvier 1989, le  bureau du Président de la République, passant outre, a continué  à servir une très puissante mafia qui opérait au profit des membres de la loge Prima Curia. Ce sont des milliers des maisons d’Etat, patrimoine commun, qui ont disparu dans cette saga.

 

 

4326_Les pillages de 1991,992,1993

La première de toutes les mutineries organisées par Mobutu  en personne, à partir du 22 septembre 1991,  ont dégénérées en pillages massifs. Toutes ces destructions des tissus économique et social ont coûté : 2,937 milliards de dollars us, 67 morts et quinze ans de régression sociale. Pour masquer ce forfait, le capitaine commandité pour organiser ces pillages  des 22,23,24 septembre 1991 fut discrètement arrêté, exécuté et jeté aux rapides face au camps Tshashi.

 

4327_La Vente du Congo aux Puissances étrangères (17 mai 1997)

 

43271- L’appareil d’Etat aux mains des Puissances étrangères

 

A partir de 17 mai 1997, des puissances étrangères se sont emparées du Congo, confisquant au profit de leur souveraineté ce qui restait encore des pouvoirs d’Etat, après la très humiliante fuite de Mobutu. L’armée, la police, les services de sécurité, la diplomatie, le parti-Etat,… étaient planifiés et dirigés depuis des capitales étrangères. Comble de l’humiliation, les chefs, installés à la tête de ces appareils, y étaient mis par de petits pays que le Congo a nourri et instruit pendant de très nombreuses années. Il s’agit  de la plus grande catastrophe du Congo post-colonial que, quel que soit la lucidité que l’on puisse avoir, un vrai congolais n’aura jamais, à chaud, assez d’objectivité pour la transcrire avec toutes ses données saignantes. Nos populations doivent retenir que Kabila n’a pas été que libérateur mais aussi et surtout, le plus grand traître du Congo Indépendant. Il semble que tout notre patrimoine de défense a été emporté à Kigali, Kampala et Bujumbura. Ce procès doit s’ouvrir un jour.

 

43272- La vente aux enchères du secteur minier du Congo : Contrairement aux idées reçues et à la manipulation mafieuse, le Canada (du Nord) produit chaque année plus ou moins les mêmes métaux que le Congo, à  savoir : Aluminium,  antimoine,  amiante, Bismuth, Cadmium, ciment, Charbon, Cobalt, Colombium (niobium), Cuivre, Diamants, Or, Gypse, Minerai de fer, Plomb, Chaux, Molybdène, Gaz naturel,  Syénite à néphéline, Nickel, Tourbe, Pétrole, Platine, Potasse, Or, Quartz (silice), Sel, Sable et gravier, Sélénium, Argent, Pierre, Soufre élémentaire, Soufre dans les gaz de fusion, Tantale, Tellure, Uranium (U), Zinc. Tous ces Minéraux métalliques (brut) ont rapportés au Canada  10,359 milliards de dollars us en 2001 et  10,225 milliards de dollars us en 2002. Le Congo ne sait pas déclaré 10% du Canada. Quel est donc son problème ? La protection des intérêts nationaux !

 

a/- La main basse de la Kengo-Mafia sur le secteur minier.

 

L’économie congolaise a connu pendant la période (1990-1994) une contraction (officielle !!!) de 40% de son PIB. Cependant, le déclin de la production du cobalt a été moins grand grâce à l’existence de réserves  importantes ainsi qu’aux prix élevés pour cette ressource sur le marché mondial: de 9.985 tonnes en 1990 jusqu’à 4.041 tonnes en 1996. La Gécamines demeurait ainsi le producteur mondial de cobalt le plus important. C’est ce qui explique que les entreprises étrangères ont porté leur intérêt en premier lieu sur l’exploitation du cobalt. Parmi les seuls opérateurs économiques actifs dans la région du Katanga pendant la période 1994-96, citons les Entreprises générales Malta Forrest (EGMF), qui exécutaient deux projets à court terme pour l’exploitation du gisement cobaltifère de Kasombo. Sous le prétexte des soi-disant pressions du FMI, une privatisation sauvage du secteur minier a été opérée sous le gouvernement de Kengo Wa Dondo. La Gécamines avait préparé un ensemble de projets qui engagent surtout des groupes sud-africains et canadiens; ils touchent le secteur des rejets aussi bien que celui de la production même. Les négociations, commencées en 1995, ont, le plus souvent, abouti à la signature d’un contrat en août 1996. Ces accords léonins ont été  conclus avec des “juniors” cotées sur les Bourses canadiennes ou australiennes. La Kengo-Mafia avait prétendu  que le pays n’avait plus le choix, à cause de la menace de l’exclusion du système de Bretton Woods. Les “juniors” canadiennes ont été introduites dans le secteur minier congolais par Kengo et ses ministres des Mines. Les derniers ministres des Mines sous le régime Mobutu ont d’ailleurs vendu  l’accord conclu avec Trillion Ressources (Bourse de Toronto, siège à Vancouver) pour l’exploration de la région de Kabolela près de Likasi . L’accord préliminaire du 12 août 96 avec PTM Minerals (Cayman Islands), compagnie appartenant à la “junior” canadienne International Panorama Ressources (Bourse de Vancouver), pour le raffinage des rejets de Kakanda et Kambove, ainsi que la construction d’une usine de traitement et l’exploitation de cobalt. Dans la débandade, plusieurs autres accords sont signés : l’accord avec la compagnie australienne Anvil Mining (Perth), annoncé le 17 septembre 96 (approuvé par le gouvernement le 31 janvier 97) pour l’exploitation du gisement de Dikulushi et celui de Kapulo (Katanga) et l’exploration dans la région de Kalemie, près des gisements de l’ancienne Sominki; le contrat entre Colmet International (compagnie enregistrée aux Virgin Islands), repris ensuite par le géant minier polonais KGHM Holding) et la Gécamines/Sodimico pour l’exploitation du gisement de Kimpe, faisant partie de l’aire d’exploitation de la Sodimico, gérée par la Gécamines depuis 1987. Ainsi  cette vente aux enchères de nombreuses concessions minières  ont contribué à créer le chaos  dans ce secteur.

 

b/-La Traçabilité des Enjeux des Transnationales.

 

      Les “Conglomérats”,tous cotés sur plusieurs Bourses.)

 

1. Anglo American: la plus grande entreprise minière mondiale. D’origine sud-africaine, elle s’est restructurée en 1998.L’entreprise a déménagé son siège à Londres. Anglogold (or) et De Beers (diamant) sont les plus grandes entreprises du monde dans ces secteurs. Participations au Congo: projet Gécamines groupe Ouest (traitement des rejets cuivre-cobalt, avec America Mineral Fields); participation indirecte dans d’autres projets (Consortium Group Ouest, Sakima, “joint venture” avec Barrick via Anglogold; projet International Panorama par Tanganyika Gold; projet Sakima par contrôle de Cluff Mining).

2. Ashanti Goldfields: entreprise ghanéenne, active dans l’exploitation de l ‘or.  Participation dans le projet Kimin (gisement Mongbwalu dans la concession de la mine d’or de Okimo). Anciennement sous contrôle du groupe Lonrho. Convoitée par l’Anglo American.

3. Barrick Gold: entreprise américaine, Bourses de New York, Toronto, Londres et de la Suisse; le deuxième producteur d’or au monde; entreprise commencée par Peter Munk et Kashoggi, le commerçant d’armes; spécialisée dans la pratique du hedging ou vente à terme; projet au Congo: concession de Okimo/Kilo Moto (exploitation d’or), en “joint venture” avec Anglogold; concession de 88.000 km² réduite à 55.000 km².

4. BHP (Brocken Hill Proprietary): entreprise australienne, géant dans le domaine des matières premières. A pris une option sur le projet de Tenke Mining.

5. OM Group: “major” américaine, active dans le raffinage des métaux et la production des produits chimiques; commencée comme Mooney Chemicals, a fusionné en 1991 avec Outokumpu Chemicals de la Finlande (lié depuis des années à la Gécamines) pour devenir le OM Group. Le deuxième au niveau mondial pour le traitement du cobalt. Est associée pour plusieurs projets (exploitation, raffinage du cobalt) avec le groupe Georges Forrest au Katanga.

 

 Les Multinationales de taille moyenne

 

1. America Mineral Fields, société cotée sur la Bourse de Toronto; elle a été créée par Jean-Raymond Boulle avec le capital acquis grâce à la découverte à Voisey’s Bay (Canada) d’un énorme gisement de nickel. Ce gisement fut vendu en 1995 à la major Inco. La découverte a été faite avec Robert Friedland, devenu par après un des grands spéculateurs dans le domaine minier. En 1996, plusieurs projets furent élaborée avec l’Anglo American. Pendant la guerre de 1996-97, Boulle acquiert un grand profil médiatique à cause de son support à Kabila. Plusieurs contrats furent réattribués à Boulle, mais rompus en 1998 au profit de l’Anglo American. La querelle a abouti à une collaboration avec l’Anglo American pour le projet très profitable du raffinage des rejets de Kolwezi (le poids du projet est porté par Anglo, qui n’est pas pressé); un accord d’option pour un projet de développement de la mine de Kipushi. AMFI est également actif en Zambie (à côté de Kipushi) pour un projet d’exploration à Kolwezi; en Angola dans l’exploitation d’une mine de diamant. L’Union minière belge, depuis octobre 1999, possède 20% des actions dans cette entreprise purement spéculative.

2. Anvil Mining (compagnie cotée sur la Bourse de l’Australie (ASX)), contrôlée par First Quantum (Bourse de Toronto, Canada) qui possède 21% des actions (projet Dikulushi-Kapulo; cuivre-argent, exploitation).

3. Banro (compagnie canadienne, Bourse CDN) a repris avec Cluff Mining la société Sominki au Kivu-Maniema. Banro réussit à mettre hors jeu Cluff Mining, qui détient encore 14% des actions et qui demeure le plus grand actionnaire; Cluff Mining est contrôlée pour 65% par l’Anglo American. Banro/Cluff créent la société Sakima. Fin juillet 1998, la convention avec Banro est annulée par le gouvernement Kabila et Sakima est remplacée par une nouvelle compagnie, Somico. Situation bloquée et procédure judiciaire en cours. Piratage sur le site de Sakima.

4. Cluff Mining: entreprise cotée à la Bourse de Londres (AIM ou Alternative Investment Market, marché pour les “juniors”); son prédécesseur Cluff Resources a été repris par Ashanti Goldfields; active à travers le continent africain; au Congo: gisement de manganèse de Kisenge (pour l’exploitation de l’or).

5. Colmet International (repris par le major polonais KGHM–Bourse de Londres; projet exploitation/Kimpe;  et raffinage de cuivre/cobalt).

6. East Asia Gold: entreprise cotée à la Canadian Dealing Network, active à Myanmar et au Congo pour le projet d’exploitation des gisements de Luishiya et Mukondo (cuivre /cobalt) sous forme de “joint venture” avec Comiex; le projet continue avec le partenaire technique, Orion Mining (Afrique du Sud)

7. First Quantum Minerals: entreprise cotée à la Bourse de Toronto; active en Zambie (cuivre, cobalt) et au Zimbabwe (or); active au Congo (projet de traitement de rejets cuivre/cobalt de Luilu, Panda, Shituru, la société contrôle les projets de Anvil Mining au Congo.

8. PTM Minerals/International Panorama Resources (reprise par Tanganyika Gold, qui est contrôlée par Anglo pour 15%). Projet: Kakanda, Kambove au Katanga; rejets cuivre /cobalt.

9. Melkior Resources: société canadienne (Bourse de Montréal), filiale de Trillion Ressources avant de devenir indépendante; projet d’exploitation cuivre/cobalt à Kimpese et Kabolela; création en 2000 de la S.M.K.K. pour l’exploitation du projet.

10. Rhodes Mining: société cotée sur la Bourse australienne; active en Hongrie, Slovaquie, Ghana; a essayé de s’introduire dans la marché de l’or congolais, gisement Adumbi-Kitenge, mais est entrée en conflit avec Busico; Bruce Walsham, un de ses directeurs en 1996, est devenu par après le président et le directeur de Diamond Works jusque fin 1999.

11. Tenke Mining est une “joint venture” créée par la Gécamines avec le spéculateur suédois Adolf Lundin; le projet concerne un gisement énorme de cuivre et cobalt, le joyau de la concession Gécamines.

 

Entreprises spécialisées aux braquages

1. Groupe de Sanjivan Ruprah: Tenfield Holdings; Vasinley Holding; Little Rock Mining (collaboration avec Branch Energy, dépendant de Diamond Works); Collier Ventures.

2. HAGA Holding, HAGA Diamond: entreprise dirigée par un américain d’origine hongroise, se lance dans des projets douteux d’exploitation de diamants au Kasaï, Tshikapa. Projet de “joint venture” avec société de Rakesh Saxena.

3. Starpoint Goldfields: cotée sur le Canadian Dealing Network; projets d’exploitation de concessions de diamant, d’or et de tantale.

4. Diamond Works: société d’exploitation de diamant. Cotée à la Bourse de Vancouver, elle est active dans toutes les zones de conflit: Congo, Sierra Leone, Angola, mais aussi au Lesotho, en Chine, au Venezuela. Fait partie de la constellation autour des entreprises de sécurité privées comme Executive Outcomes. Sa filiale la plus active dans l’exploration est Branch Energy avec plusieurs sous-divisions, entre autre Branch Energy Uganda (sous Salim Saleh, le demi-frère du président ougandais Museveni et Branch Energy Kenya (participation de Sanjivan Ruprah).

Entreprises mafieuses locales

1. Comiex (compagnie d’import-export): société créée par Kabila, avec des intérêts rwandais importants à travers la Banque du commerce et du développement d’Alfred Kalisa. Contrôle le gisement de Luishiya et de Mukondo près de Likasi.

2. Entreprises Générales Malta Forrest (EGMF): entreprise katangaise dirigée par Georges Forrest, a connu une grande expansion pendant la dernière décennie. Elle fait partie de Georges Forrest International. Projets dans le secteur minier: exploitation du gisement cobaltifère de Kasombo; exploitation du gisement de Luswhishi; société de traitement des scories du terril de Lubumbashi (tous les projets avec Gécamines et l’entreprise américaine OMG).

3. Exaco (extraction artisanale de cobalt): entreprise lushoise destinée à la production de sels (carbonate) de cobalt. Une “joint venture” avec la Gécamines a été établie pour le projet Papsi (production de sel inorganique), destiné à cette production. L’agence de commercialisation qui a également assuré une partie du financement est la Cobalt Chemicals Distribution de Genval, Belgique.

4. Okimo: société gérant pour l’Etat les mines d’or de Kilo-Motomba au nord-est du pays. Victime d’un imbroglio entre plusieurs entreprises minières étrangères: Barrick Gold, Russel resources, Kimin.

Négociants en matières premières

Glencore International: un des plus grands négociants mondiaux ; le siège de la société est en Suisse. Dirigée jusqu’en 1994 par Marc Rich.

MRG ou Metals Resources Group (Londres): entreprise dirigée par les frères Weissfisch. Essaie d’avoir le contrôle du marché du cobalt.

Krall Metals: cette société autrichienne non cotée en Bourse est connue sous plusieurs noms: Edith Krall Consulting, Edith Krall Investments, Krall

Metals Congo, Krall Metals Uganda… Impliquée dans une affaire de vol de

cuivre et probablement de trafic d’armes, elle a essayé de prendre le gisement de Niobium de Luheshe. Krall essaie également de prendre des gisements diamantifères.

La mafia «ougandaise»

Banff Ressources: société cotée à la Bourse Canadian Venture Exchange

(Canada); elle est engagée dans un projet de raffinage de cobalt à Kasese, en Ouganda; elle détient une option sur exploitation de cobalt à Kilembe, Ouganda; propriété de Normandy Mining, le plus grand producteur d’or australien.

Busico: société du planteur et marchand de café Jack Busingye, liée à Museveni et Salim Saleh; elle s’est introduite dans la paysage minier congolais en obtenant la concession aurifère de Adumbi-Kitenge (nord-est du Congo).

Russel Resources Group: société domiciliée à Perth (Australie); présidée par Gad Raveh, homme d’affaires actif dans l’agroalimentaire, mais qui est dirigée par le général israélien David Agmon; celui-ci serait lié à Salim Saleh pour l’exploitation de gisements aurifères dans la concession Okimo.

 

c/-La Gécamines, dans les guerres d’agression des années 60-90

 

LA GECAMINES, dans le secteur artisanal, vandalisée par SES CREUSEURS, a un avenir incertain. Les  “grands” prédateurs misent sur le secteur du cobalt. La société survit grâce à la vente du cobalt, pour laquelle un niveau de production raisonnable a été maintenu malgré la situation de guerre. Durant l’année 1999, la Gécamines en a produit 2.145 tonnes, mais sans compter la production du Central Mining Group de Rautenbach, dont les chiffres n’ont pas été diffusés. La production pour la première moitié de l’année, le CMG inclus, atteint le niveau de 2.605 tonnes, qui fait présumer que la production totale de la Gécamines se situe autour des 5.000 tonnes. Ainsi, la Gécamines est le troisième producteur mondial, après l’OMG (USA/Finlande) et Falconbridge (Canada/Norvège).

 

Partout au Katanga, des creuseurs se sont mis à chercher de l’or, de la malachite et de l’hétérogénite. Parmi ces trois matières premières, celle qui est socialement (et probablement économiquement) la plus importante est l’hétérogénite. Leur production pourrait représenter en termes de cobalt un chiffre tournant autour de 1.500 tonnes. Une certaine capacité de raffinage de l’hétérogénite existe en Zambie: la mine de Kabwe (exploitée par Orion Mining) ; les mines de Nkana et Mufulira ont été reprises par un consortium entre le “junior” canadien First Quantum Minerals et le “trader” mondial Glencore tous les deux actifs au Congo-RDC; la mine de Bwana Mkubwa (Ndola) a été achetée par la même First Quantum Minerals; Chambishi Metals appartient pour 90% à la “major” sud-africaine Avmin-Anglovaal (à Chambishi en Zambie) et met en place, dans la proximité de la frontière congolaise, une entité de raffinage de cuivre/cobalt …Des “traders” du cobalt sont très actifs dans la région, parmi lesquels le plus important pour le Congo semble être le Metals Resources Group qui essaie, par une stratégie d’achat, d’influencer le prix de vente du métal. L’association EMAK (Association des exploitants miniers artisanaux au Katanga) fut créée  par l’Arrêté n°009bis/cab.Mines/00/MN/99 du 19 février 1999 sur la réglementation de l’exploitation artisanale et de la commercialisation de la malachite, de l’hétérogénite, de la cassitérite et leurs accompagnateurs. Cette association regrouperait des milliers de creuseurs et environ 56 négociants reconnus.  Les creuseurs seraient techniquement encadrés par une équipe de géologues et par leurs liens avec le projet Exaco-Papsi qui reprend 30% de la production artisanale de Emak. Le projet Exaco (Extraction artisanale du cobalt, propriété 50% privée, 50% Gécamines) exécute le projet. D’autres projets: un projet de “joint venture” avec la Chinese Nuclear Society pour le traitement des rejets de l’ancienne mine de l’Etoile, le projet de la compagnie australienne Anvil (Dikulushi et Kapulo, cuivre/argent) et celui de la compagnie canadienne Melkior resources (qui a repris les intérêts de Trillion pour constituer la société minière de SMKK) ne sont pas mis à l’arrêt. Le géant mondial OMG (USA), responsable de 25% de la production mondiale de cobalt est en “joint venture” avec EGMF (Forrest) et la Gécamines pour la fonderie de Lubumbashi et le projet de Luiswishi, projets qui avancent normalement.

Le Congo dans le marché mondial

Quelle est l’importance du Congo-RDC pour le marché du cobalt? La production officielle de la Gécamines pour 1999 (environ 5.000 tonnes), la production artisanale (estimée à 1.500 tonnes), on arrive à un chiffre supérieur à celui de l’OMG (6.500 tonnes par rapport à 6.200 tonnes). La demande en cobalt augmente d’année en année pour des alliages de métaux, l’aérospatiale, les télécommunications et les batteries rechargeables.

 

d/-La stratégie du génocide dans l’exploitation minière

 

 La Kengo-Mafia, la pourvoyeuse des crimes

La Kengo-Mafia, a consacré la criminalisation de l’économie congolaise et  ouvert un immense boulevard pour la globalisation mafieuse de l’économie congolaise en s’associant à des pays “voisins” qui ont engagé une guerre d’agression contre le Congo. Selon certaines sources, l’adresse de Sandjivan Ruprah à Londres serait la même que celle du marchand d’armes Kashoggi. Ainsi, une logique militaro-commerciale a renvoyé aux calendes grecques toute perspective de développement minier(hormis quelques enclaves au Katanga) : une logique de prédation s’est imposée et laisse le champ libre aux “traders” et à des réseaux mafieux. L’objectif est le contrôle du marché par des moyens militaires, afin d’augmenter les marges de profit. Le secteur minier est devenu majoritairement un secteur artisanal, achevant ainsi une évolution entamée vers le début des années 1980 par Kengo, avec la libéralisation de l’exploitation du diamant et de l’or : des creuseurs d’or, diamant ou coltan au Kasaï, en Province orientale ou au Kivu,  creuseurs de l’hétérogénite au Katanga, partout la population congolaise est réduite à un état d’esclavage et de survie dans des conditions révoltantes. Elle a fini par incarner et dépasser le stade ultime d’aliénation: elle travaille pour nourrir les armées qui sont venues l’exploiter et la décimer (quatre millions de morts déjà). L’inévitable America Mineral Fields serait même derrière un projet de retracer les frontières du Congo en faveur du Rwanda et de l’Ouganda! La Nord-barbarie-structure a incrusté le Congo dans le processus de:  désintégration des Etats,  ré appropriation des appareils de domination et de violence, et surtout une certaine recomposition des espaces commerciaux et militaires d’Afrique, qu’elle a planifié pour une longue durée.

Le  Zimbabwe

Certaines compagnies “juniors” actives au Congo le sont aussi au Zimbabwe: l’Anglo American surtout dans le nickel, et des “juniors” comme Cluff Resources, Falcon et Trillion dans l’or. L’entreprise a obtenu plusieurs ZER (Zones exclusives de recherches) au Kasaï Oriental (20.000 km²). Cluff se retrouve des deux côtés (projet Kisenge Manganèse du côté Kinshasa et projet Banro du côté rebelles).Ainsi, Anglo American a divers projets des deux côtés de la ligne de combat. L’aide zimbabwéenne, à travers la Zimbabwe Defence Industries, entreprise publique d’armements et d’équipements militaires, a fourni, selon des estimations , des armements à l’AFDL pour une valeur estimée entre 17 millions et 38 millions de dollars US. Ces armements auraient été décisifs pour la prise du pouvoir par l’AFDL. Cependant, une autre source mentionne, après trois mois de guerre en 1998, une dette accumulée de 150 millions de dollars US du Congo au Zimbabwe (“The Business of Conflict”, African Business, 1st December 1998). N’oublions pas qu’un trafic commercial intense a toujours existé entre le Congo et l’Afrique du Sud, passant par le territoire du Zimbabwe, et sans que ce dernier pays n’ait pu en toucher les dividendes. L’homme clé semble avoir été, aux débuts de la guerre, le ministre de la Justice Emerson Mmangagwa. Il est au cœur d’un groupe relativement restreint de personnalités clés du régime de Mugabe. Ce groupe contrôle une constellation de structures politiques (ZANU), militaires (ZDF), commerciales (Africa Resources Ltd., Zidco Ltd., Swift Investments, Zvinavashe Transport) et financières (First Banking Corp. Ltd. qui permettent de s’assurer une indépendance économique et de financer –au moins partiellement– leur contribution à la guerre. Selon des informations publiées dans la presse, la Zimbabwe Defense Industries aurait exporté de la marchandise pour environ 60 millions de dollars US au Congo pendant l’entre-deux-guerres . Cette marchandise a été transportée par Zvinavashe Transport, faisant partie du holding Zvinavashe Investments, dans lequel le général Zvinavashe est l’actionnaire principal. Le contrat de transport conclu se serait élevé à un montant de 16 millions de dollars US. La compagnie Swift Investments, dirigée par le frère du général, a pu bénéficier d’un contrat de 10 millions de dollars US pour des exportations vers le Congo. Un terrain de 600.000 ha (Katanga, Mutwala, Muhala) a été attribué à la Agricultural and Rural Development Authority du Zimbabwe dans un accord de “joint venture” avec le gouvernement congolais. Le complexe militaro-commercial s’est introduit dans le secteur diamantaire; le secteur du cuivre/cobalt fut soumis à une “taxation” zimbabwéenne. Dans les deux cas, il s’agit d’une mainmise zimbabwéenne sur les secteurs clés de l’économie minière congolaise.

Les diamants du Kasaï accaparés

En octobre 1999, fut créé la compagnie Osleg (Operation Sovereign Legitimacy), une entreprise privée dont –de nouveau– le général Zvinavashe est directeur. Cette compagnie met sur pied avec Comiex, une “joint venture” dénommée Cosleg et destinée à entreprendre des actions commerciales communes. Cosleg voulut d’abord s’engager dans l’achat de diamants artisanaux. La direction de Osleg est assurée par Zvinavashe, le secrétaire permanent du ministère de la Défense, le président de la Minerals Marketing Corporation, et le président de la Zimbabwe Mining Development Corporation, qui commença ensuite l’exploitation alluviale de diamants dans la rivière de Senga Senga près de Mbuji-Mayi, et l’exploitation du gisement de kimberlite de Tshibwe un des plus riches de la concession Miba. Ony retrouve un homme d’affaires de l’Oman, une entreprise diamantaire cotée sur la Bourse de Londres.

L’affaire Rautenbach

Billy Rautenbach, citoyen du Zimbabwe d’origine afrikaner (juive) est à la tête d’un groupe familial qui réunit un conglomérat d’une centaine d’entreprises (souvent offshore) en Afrique du Sud, au Zimbabwe, au Botswana et en RDC. Selon H. Leclercq, Rautenbach obtient en 1990 un contrat pour le transport du cobalt congolais par camion vers le port de Durban en Afrique du Sud. Quand l’AFDL se mit à avancer, Sabot resta le seul transporteur sur cette ligne. A cause d’une dette de 3,5 millions de dollars US que lui devait la Gécamines pour ce transport, il a négocié le gisement de Kabambankola (mine à ciel ouvert, groupe Centre) avec le gouvernement Kengo. Aux débuts du nouveau régime, Rautenbach s’était introduit auprès de la présidence en lui offrant des facilités de transport. Quelques mois après la chute du régime Mobutu, le 17 octobre 1997, un accord (“main of agreement”) entre la République démocratique du Congo et l’entreprise Ridgepointe Overseas Development Ltd. a été signé vraisemblablement avec comme objet une “joint venture” entre la Ridgepointe (Rautenbach) et la Gécamines pour l’exploitation de la mine de Kabambankola. Le succès obtenu par Rautenbach dans la gestion de ce gisement (la reprise de l’exploitation du cobalt et surtout la rapide production de liquidités) a partiellement motivé la décision de lui donner la gestion de la totalité du groupe Centre. La guerre de 1998 a accéléré le processus et Rautenbach a repris, début novembre 1998, le  groupe Centre de la Gécamines à Likasi. Suite aux protestations de la direction de la Gécamines, la présidence congolaise le nomme à la tête de l’entreprise quelques jours plus tard. Le 30 octobre 1999, Georges Forrest est nommé comme président du conseil d’administration de la Gécamines. Le 14 mars 2000, le contrat du gouvernement congolais avec Rautenbach est rompu, même pour le groupe Centre.

 

 

L’Ouganda

 

Depuis le début de la guerre de 1998 et jusqu’à présent, un complexe militaro-commercial s’est développé en Ouganda qui organise l’exploitation et le trafic de l’or, du bois et du diamant du Congo. Immédiatement après la prise du pouvoir par l’AFDL, plusieurs projets d’intégration économique entre l’Ouganda et la Province orientale ont été proposés, dont la cheville ouvrière devait être constituée par un réseau routier et ferroviaire ;l’ exploitation commune des réserves pétrolières dans les régions riveraines des lacs Albert et Edward dans les deux pays des parrains ougandais et rwandais –entre autres via une adhésion au SADC. Déjà pendant l’offensive de l’AFDL, le demi-frère et conseiller militaire du président, Salim Saleh, essaie de s’introduire dans le monde des concessions aurifères et diamantifères de la Province orientale, à travers sa compagnie Caleb International. Saleh était déjà introduit dans le “business” de l’or par ses actions dans la compagnie Branch Energy Uganda, filiale de la nébuleuse commerciale autour de la société mercenaire Executive Outcomes. Son pouvoir économique, est exercé à travers le “pro-consul” des territoires occupés par les Ougandais, le général James Kazini. Dès le début de la prise du pouvoir par l’AFDL, une filière ougandaise s’affirme dans l’exploitation de l’or, pendant  que des  contrats avaient été conclus entre Okimo et Barrick ,sous Kengo. L’implication du groupe Branch Energy ne se limite pas au commerce de l’or. Tony Buckingham de Heritage Oil, une entreprise centrale du réseau, a obtenu un permis d’exploration pour le pétrole dans la région avoisinnant le lac Albert. La logistique pour ce projet ne peut être assurée que par le Congo…Ce général s’introduisit dans la concession d’Okimo, avec un accord entre Okimo et Kimin pour la concession de Mongbwalu, une autre compagnie, Russel Resources Group, s’introduit dans le secteur. Cette société est domiciliée à Perth, Australie, mais n’est pas cotée en Bourse. Elle est la propriété d’un homme d’affaires local, l’Israélien Gad Raveh, qui serait actif dans le domaine de l’agro-alimentaire, et de David Russell, “ancien” d’une autre compagnie minière à Rhodes Mining La société est dirigée par David Agmon, général israélien à la retraite, “ancien” de la coopération militaire israélienne à Kinshasa (fin des années 1980) et ancien directeur de cabinet du premier ministre Netanyahu (novembre 1996–janvier 1997).Kabila lui avait promis (comme récompense pour services rendus?) le gisement de Mongbwalu sur lequel se trouvait Kimin. Agmon avait à cette époque déjà une attitude revendicatrice et il avait essayé d’engager du personnel de la société US Defence Systems pour la protection des concessions minières au Kivu. Le 12 juin 1997, le général Agmon descend sur le site minier de Mongbwalu avec des militaires congolais de la garnison locale, pour chasser manu militari le personnel de Kimin qui se trouve sur place. Ils ne réussissent pas dans leur objectif, et le ministre Kambale doit annuler l’arrêté ministériel deux semaines plus tard. En septembre 1997, le contrat avec Kimin est annulé. Kimin, qui s’est associée avec la société ghanéenne Ashanti Goldfields, sera évincée par cette dernière. Le résultat de l’imbroglio qui s’ensuivra, pendant lequel les mêmes contrats furent attribués, suspendus et attribués, sera que Russel aura la concession 40 mais sans celle de Kimin/Ashanti, et que Barrick aura la concession 38 ou une partie de ce qui lui avait été attribué sous le régime précédent. Pendant la guerre, il est apparu que le général Salim Saleh s’est associé avec Agmon et qu’ils exploitent ensemble des gisements aurifères, dont celui de Durban dans la concession d’Okimo. Agmon serait aussi dans le centre d’un réseau de trafic d’armes dans la région. Une autre affaire est celle de la disparition d’un avion sur la ligne Entebbe–Bunia dans lequel se trouvaient le lieutenant-colonel Jet Mwebaze et un directeur israélien d’une entreprise (Russel?) appartenant à Salim Saleh, des trafiquants. Selon une seule source: «Terrain miné entre Ashanti et Russel», La Lettre Afrique Energies, n°345, 13 mai 1998. La fiche de contact de Russell donne au général Agmon le titre de “managing director”. Selon CROS, M.-F., «Pour quelques pépites de plus: le centurion, la mine et les contrats», Mwebaze était le frère du commandant en chef de l’armée ougandaise James Kazini et l’homme des «missions spéciales». L’avion transportait de l’or congolais de Bunia et une importante somme d’argent. L’existence du trafic en question date d’ailleurs d’avant le début de la guerre. En septembre 1997 déjà, les exportations d’or ougandais, selon des données de la Banque centrale du pays, avaient progressé de 23 millions de dollars US en 1995 et de 60 millions de dollars US en 1996 à 105 millions de dollars US en 1997. La banque même reconnaissait qu’une partie de cet or venait du Congo. Si la moyenne en valeur de la production congolaise est de 33 dollars US par carat, l’exportation de l’Ouganda est évaluée à 161 dollars US par carat. Ceci est une indication du fait que la majeure partie des diamants de joaillerie disparaissent dans les circuits de la contrebande. En effet, selon un rapport local, le commerce en matières précieuses serait dirigé à Kampala par le Victoria Group. A la tête de ce groupe se trouve Salim Saleh, en collaboration avec le réseau de Khanafer et de Abdul Karim. Comme du temps de Mobutu, Khanafer collabore avec les généraux Baramoto et Nzimbi, et il a fait partie du réseau commercial de l’Unita. Le Victoria group n’est pas seulement actif dans le commerce du diamant, mais aussi dans le trafic d’argent. La spéculation sur la différence du taux de change du franc congolais à Kinshasa et à Kisangani peut en effet être très lucrative. Les chiffres pour la totalité de la production congolaise sont tirés de ROMBOUTS, L. Ces données (22 millions de carats pour 725 millions de dollars US) incluent, selon l’auteur, tous les diamants produits en territoire congolais, y compris dans les territoires occupés (communication personnelle). Le nom de la maison d’achat de diamants de Talal, homme d’affaires libanais, à Kisangani. Les témoins affirment que le commerce en diamants est utilisé pour des opérations de blanchiments d’argent : l’achat de diamants à un prix plus élevé que le prix de la vente permet d’avoir des devises “blanches”. Une partie des francs congolais nécessaires sont gagnés à travers d’autres réseaux commerciaux monopolistiques, contrôlés par des commerçants et officiers congolais (la bière ougandaise par exemple n’est pas taxée contrairement à la bière locale, la Primus). D’autre part, de nombreuses indications existent d’un lien entre le commerce des diamants et le trafic d’armes dans la région.

 

Le Rwanda

 

Le “secteur minier” rwandais

Le Rwanda n’a rien. Par contre, les minerais vendus (colombo-tantalite, or, étain) se retrouvent dans des quantités importantes au Kivu et au Maniema, et ces ventes se situent dans le prolongement de l’économie  du sang congolais.

Les réseaux commerciaux

L’exploitation des matières premières en provenance du Kivu est militarisée et sous contrôle d’officiers de l’armée Rwandaise. La commercialisation se fait par les filières commerciales, contrôlées par des commerçants “libanais”, en collaboration avec ou sous le contrôle d’officiers de l’armée rwandaise. Il y a un “groupe de Kigali” qui, comme le Victoria group, est engagé dans le trafic des substances précieuses et de l’argent. Le gouvernement congolais fut aussi impliqué dans une opération similaire par une société italo-saoudienne Nomas qui propose vraisemblablement l’échange de dollars en provenance d’un commerce illégal contre des dollars “propres”. Kamanzi, serait l’homme de confiance de Kigali. Le diamant serait sous le contrôle du frère d’Abdul Karim, associé de Khanafer du réseau ougandais. A Kigali, un certain nombre de comptoirs de diamants se sont ouverts, tandis que le pays n’en produit pas. Le commerce de l’or, du coltan et de la cassitérite est pratiquement contrôlé (du côté congolais) par Madame Gulamali (Aziza Kulsum de son nom de jeune fille). De mère Hutu et de père libanais, elle s’est lancée avec succès dans le commerce de l’or jusqu’à la libéralisation de 1981. Après un repli temporaire vers Bujumbura, elle est revenue comme fournisseur d’armes (en collaboration avec Baramoto et Nzimbi). Pendant l’avancée de l’AFDL, elle a profité du mariage de son petit frère avec une femme tutsi pour se convertir en collaboratrice de l’AFDL et de Kabila pendant la période 1997-98. La guerre de 1998 l’a reconvertie de nouveau dans un pilier du FPR de la région, pour Kagame.

Les “matériaux stratégiques”: tantale, niobium

A part l’or et le diamant, il y a le coltan, ou le concentré de colombo-tantalite ou de tantalite. Il s’agit de petites granules contenant le métal appelé tantale et qu’on peut sélectionner à l’aide d’une technique facile. Ce métal est actuellement fort recherché grâce à ses utilisations pour la fabrication de téléphones mobiles, d’ordinateurs, et dans l’industrie aérospatiale et la demande ne cesse de croître. En 1997, la consommation de tantale a atteint un niveau record de 1.630 tonnes. De Beers a également ouvert un comptoir à Kigali afin d’avoir un certain contrôle sur les flux informels. Curieusement, les statistiques d’importation du tantale en provenance du Congo et à destination des Etats-Unis font un bond spectaculaire de 1997 à 1998: de 51 à 186 tonnes! Tandis que la production au Congo même est quasiment zéro… Les importations vers les Etats-Unis en provenance du Rwanda s’élèvent de 58 tonnes en 1997 à 71 tonnes en 1998. L’exportation globale du Rwanda est estimée entre 150 et 255 tonnes. Face à une production mondiale estimée à 1.690 tonnes en 1998, on peut estimer l’apport rwandais de 8 à 15%. En utilisant les chiffres pour le minerai plus concentré (oxyde de tantale), càd. 1.200 tonnes pour 1999, on arrive à une proportion qui varie entre 12 et 21% .Le coltan est extrait massivement au Kivu, les creuseurs étant réduits à une situation d’esclavage, sous contrôle d’officiers rwandais. Les deux compagnies principales dans ce domaine sont Cabot Performance Materials (Boyertown, USA) et HC Starck (Allemagne–USA). Quelques jours après la fin de la première guerre, l’ambassade des Etats-Unis à Kigali se propose comme intermédiaire pour la vente de la tantalite par un vendeur inconnu. En mars 1999, l’ambassade américaine propose l’offre de “joint venture” de la société Sogermi, créée à cet effet. Le chiffre de 1.200 tonnes pour 1999 est fiable, car il inclut les achats par les “traders” mais il ne concerne que les membres du Centre international pour le tantale. Le chiffre de 1.690 tonnes pour 1998 inclut le minerai moins raffiné, mais exclut probablement les “traders”. Notons que l’Union minière belge est également active dans le commerce du tantale. Si ce genre d’activité fait peut-être partie de la tâche régulière d’une ambassade, dans le contexte actuel de pillage des ressources du Congo, la connotation devient tout à fait différente. Un autre métal  est le niobium, utilisé pour des alliages de métaux ultra-résistants. Ces matériaux sont extraits du coltan ou du pyrochlore par la société Somikivu, constituée en 1981, et dans laquelle l’Etat congolais avait une participation de 20%.La Somikivu était active à Luheshe dans le territoire de Rutshuru et ceci  dans le plus grand secret En 1992, l’exploitation

 du site se serait arrêtée en 1993, suite à un conflit entre les Hunde et les Hutu. L’entreprise aurait été démantelée et les installations transférées en Cameroun. La Somikivu, contrôlée par l’entreprise allemande GfE Metalle und Materialien GmbH (Nüremberg), est promise par le gouvernement à la société autrichienne Krall Metal Congo. En septembre 1997, elle avait obtenu un accord d’option pour l’exploration d’une concession au Nord-Kivu (Luheshe) sous le nom de Krall Metals Uganda. Elle fut représentée par le consul honoraire de l’Autriche en Ouganda, Karl Wipfler. Des liens semblent exister entre Krall et des marchands d’armes. Un second gisement existe à Bingo (territoire de Beni).L’intérêt pour le niobium soit grand et que la consommation ait plus que doublé en 1998.

 

433_La production des Biens nouveaux qui apportent à la planète des solutions durables à des crise endémiques auxquelles elle est confrontée :

4331_construction de Inga IV(Grand Inga).

43311-Le barrage de la Bundi

A titre de comparaison, le potentiel énergétique de INGA est plus de deux fois supérieur à celui des Trois Gorges sur le Yang-Tsé en Chine. Par contre, la réalisation du GRAND INGA jusqu'à sa phase finale est incomparablement plus facile à réaliser et surtout moins coûteuse que l'entreprise chinoise, qui, lorsqu'elle sera terminée en 2006, aura " NOYE " plus de 250.000 km² de terres arables et fait déménager 1.130.000 habitants. Rien de tout cela ne se présente pour la réalisation du GRAND INGA. La construction du GRAND INGA - La construction de l'usine électrique de la Bundi (39.000 MW) -Le barrage de la Bundi qui s'accroche du sud au nord aux collines s'élevant à 200 m, aurait au travers du coude du fleuve une longueur continue en arc de cercle de deux km . C'est sur cette longueur que seraient répartis, tous les 35m, chacun des 52 groupes de 750 MW . Il s'agit de turbines similaires à celles utilisées à Itaïpu et aux Trois Gorges.

43312-Le coût social et environnemental

Et, contrairement à ce qui se passe ailleurs, cette construction pharaonique aura un coût social et environnemental proche de Zéro. Toutes les études faites à ce sujet le démontrent. Pourtant, ailleurs, tous les ans, durant la semaine du 14 mars, des milliers de personnes sortent dans les rues pour dénoncer les impacts causés par la construction de grandes usines hydroélectriques et proposer des alternatives, socialement justes et respectueuses de l’environnement. En 2003, des activités ont eu lieu dans 30 pays différents, de tous les continents. Des pays comme l’Espagne en Europe, le Mozambique en Afrique et la Thaïlande en Asie se mobilisent pour exiger la fin du modèle de production d’énergie qui a déjà expulsé 80 millions de personnes de leurs maisons, d’après les données de la Commission Mondiale des Barrages, liée à l’ONU. Au Brésil, treize activités ont été réalisées dans différentes régions et à Sao Paulo. Selon Hélio Mecca, de la direction nationale du MAB, “ les mouvements sociaux ont un grand rôle à jouer pour aider le gouvernement de Lula à transformer le Brésil et à construire un projet populaire. Ce nouveau projet ne sera possible qu’avec la construction d’un nouveau modèle énergétique ”. C’est en avril 1989 qu’a eu lieu la Première Rencontre Nationale des personnes touchées par la construction des barrages avec des représentants de plusieurs régions du pays. A ce moment déjà a été fait un premier bilan des problèmes posés par la construction des usines hydroélectriques dans tout le pays.