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Table des Matières

3.- La lourde Responsabilité des Intellectuels

31.- Cas des Etats-Unis d’Amérique

311.-Avant les Bush, il y avait un Bush dans la « Guerre froide »

3111_La guerre froide

3112_Le complexe universitaro-industriel

 

312.-Les réseaux

3121_La doctrine impériale

3122_ L'élaboration de doctrines militaires

313.- Les instigateurs de la guerre permanente : histoire et architectes de la nouvelle doctrine américaine de guerre préventive

3131_ Les disciples de Leo Strauss

3132_La désinformation

3133_La guerre préventive

3134_Un nouveau siècle américain

3135_Un nouvel outil

3136_ Hégémonie bienveillante.

3137_Démocratie exportée.

32.- Cas du  Congo

321.-Les réseaux mafieux

322.-Les mythes des réseaux

323.-Le Mythe d’un « Congo ascensionnant »

3.- La lourde Responsabilité des Intellectuels

 

31.- Cas des Etats-Unis d’Amérique

 

311.-Avant les Bush, il y avait un Bush dans la « Guerre froide »

3111_La guerre froide

Pour comprendre l’hégémonisme unilatéral actuel, il est indispensable d’expliquer la formation de l'univers de la guerre froide, univers impérialiste construit pour et par les États-Unis, dans lequel un contrôle et une surveillance constants étaient nécessaires pour assurer cette hégémonie. De la bombe A à Eniac, le premier ordinateur électrique, la technologie et la politique vont de pair pour former les perceptions et les raisonnements des sujets citoyens et consommateurs. Le pouvoir moderne du contrôle global est inauguré par la doctrine du « containment » de Truman. Il est élaboré par les théories de la Rand Corporation sur la stratégie nucléaire. Un ingénieur du « Think Tank », Paul Baran, est à l'origine de la théorie du réseau décentralisé moderne de l’Internet, perfectionnée par son test dans les jungles du Vietnam, sous le nom d'Opération Igloo White. Cette dernière a eu cours de 1967 à 1972, au coût d'un billion $ par année. Tous les reporters ont été impressionnés par le « high-tech » de ce réseau de surveillance de la piste Ho Chi Minh dans le sud du Laos. Igloo White est peut-être une anecdote aujourd'hui, mais sa signification n'en est pas moins essentielle. Elle fut une version microcosmique de toute l'approche américaine au conflit vietnamien, reflétant la saisie du budget militaire par le Secrétaire à la Défense, Robert McNamara, afin de compléter le processus de centralisation du Department of Defense (DoD), initié par Truman à la fin de la Seconde Guerre. Pour ce faire, McNamara introduisit une technique de gestion des coûts (« cost-accounting »), le Planning Programming Budgeting System (PPBS), qui était une application basée sur des outils hautement quantitatifs d'analyse de système. Application naturelle et idéale pour l'informatique, de ce fait, et McNamara ne manquera pas de mettre ainsi son expertise de PDG de Ford Motors à l'épreuve sur cette nouvelle scène planétaire. Le plan Marshall étend de fait l'hégémonie américaine à l'Europe sous forme d'aide à la reconstruction ; les barrières économiques tombent, les surplus agricoles et technologiques militaires américains devant trouver des marchés extérieurs, pour la survie même de l'économie du pays. Tout cela sous le couvert humanitaire de la recherche de la stabilité et de la paix internationales. En fait, faire accepter l'inacceptable.

 

3112_Le complexe universitaro-industriel

absorbe le rôle du domaine militaire dans la recherche en informatique. De 1940 à 1960, les forces armées américaines guident cet effort de développement. Elles financent les universités et les entreprises par divers organismes et programmes, notamment, « Digital computers were seen as calculators, useful promarily for accounting and advanced scientific research ». Ce sont surtout les civils qui ont orienté l'ordinateur vers la solution de problèmes militaires. Les dirigeants politiques ont vite saisi l'occasion de s'approprier ainsi un instrument pratique et symbolique cautionnant leur discours de commande et de contrôle centralisés, une technologie pour l'infrastructure d'un monde clos. Contrairement à ce qu'on enseigne, donc, les militaires ne sont pas les forces déterminantes de projets comme ARPANet (Advanced Research Projet Agency), qui fut à l'origine de l'Internet. Vannevar Bush, était ingénieur au MIT et sera nommé par Roosevelt à la tête du National Defense Research Committee (NDRC) en 1940. Son analyseur différentiel pour le calcul des tables balistiques mènera à la création d'ENIAC (Electronic Numerical Integrator and Calculator) en 1946. Les premiers calculs furent effectués sur ENIAC, à l'aide d'un million de cartes perforées et d'une programmation consistant à connecter des fiches et ajuster des interrupteurs durant plusieurs semaines ; ces calculs révélèrent plusieurs problèmes sur un design proposé de bombe H. Durant cette époque charnière, les États-Unis deviennent une puissance mondiale grâce à leur contribution de guerre, sur tous les fronts. liés et technicisés. L'impératif de la sécurité nationale sera le ciment de l'union militaro-industrielle gouvernementale subséquente des années 50. La Grande-Bretagne, seul concurrent sérieux des États-Unis, est vite déclassée par l'ampleur du financement que permet le marché militaire américain. En 1961, McNamara établit son Office of Systems Analysis avec du personnel, clé de ce « Think Tank » mi-industriel, mi-militaire, fondé en 1946 par l'Air Force comme « joint-venture » avec Douglas Aircraft. En 1948, RAND (Research and Development) devient un organisme « à but non lucratif » indépendant, avec un budget annuel de 10 millions $, fourni par l'Air Force, et dont le mandat est d'étudier les techniques de l'« air warfare » ; il développera la théorie des jeux (inventée par John Von Neumann et l'économiste Oskar Norgenstein) et de la simulation à cette fin, en parallèle avec d'autres qu'il exploitera, dont celle de la cybernétique et de l'information de Shannon Weaner. Des théoriciens du management, tel Herbert Simon, s'inspirent des recherches de RAND pour leurs travaux sur la « rationalité administrative ». Robert McNamara est lui-même un pur « computer », ce qu'on appelle à Détroit un « bean-counter », un homme qui s'attend à des chiffres qui s'additionnent, qui fait preuve d'initiative et de créativité en faisant en sorte que les chiffres s'additionnent, explique un analyste statistique. Grâce à l'analyse des systèmes, le secrétaire à la Défense intègre l'Armée, la Marine, les Forces de l'air et les « Marine Corps » en un tout unique et fonctionnel. Il importe les méthodes de Rand au Pentagone. On assiste peu à peu à la montée inévitable d'un style managérial militariste : la guerre est un problème de communication, le management devient un problème d'« information processing ». C'est le processus « commande, contrôle, communication et information ». Les nouvelles écoles de management des années 50 s'en inspirent pour sortir du fordisme et du taylorisme des années 20 et 30. L'ordinateur devient icône. Il y a surtout le Vietnam, qui fut pour une grande part, surtout vers la fin, une entreprise à statistiques (tonnage des bombes, comptage des corps, pourcentage de la population loyale au Sud, hameaux « pacifiés »). Bien avant la Guerre du Golfe avec ses moyens sophistiqués, celle du Vietnam fut la première techno-guerre. Guerre fictive de par le mensonge même de son caractère défensif et de représailles, alors qu'elle fut une agression.

 

312.-Les réseaux straussiens.

3121_La doctrine impériale

Lorsqu'on examine la philosophie, ou plutôt l'idéologie, qui sous-tend la doctrine impériale du gouvernement américain, on décèle deux courants essentiels. Ce qui frappe d'abord, c'est l'empreinte du fondamentalisme religieux, voir du mysticisme, qui transparaît de tous les discours du président Bush et de son ministre de la Justice, John Ashcroft. C'est ainsi qu'il est question de « croisade du bien contre le mal », le bien étant incarné, bien entendu, par l'Amérique, et le mal par tout pays qui s'oppose à elle. D'autre part, on découvre une école politique « plus subtile », remontant à feu Leo Strauss, qui défend ouvertement l'impérialisme et la « loi du plus fort ». Professeur de philosophie politique à l'université de Chicago de 1953 à 1973, Strauss a créé toute une génération d'idéologues et de politiciens qui, aujourd'hui, sont infiltrés dans le gouvernement américain et dans le milieu néo-conservateur. Tom Friedman, un journaliste du New York Times, commente qu'il pourrait citer « le nom de 25 personnes et que, si on les avait envoyées il y a un an et demi sur une île lointaine, il n'y aurait pas eu de guerre en Irak ». Il exagère à peine. Ce petit nid de néo-conservateurs existe bel et bien, et la plupart d'entre eux sont des disciples de Leo Strauss.  Le principal straussien dans l'administration Bush est le vice-ministre de la Défense, Paul Wolfowitz, qui a étudié auprès d'Allan Bloom, idéologue straussien, à l'université de Chicago. Depuis les années 70, il compte parmi ses collaborateurs Richard Perle, Steven Bryen et Elliot Abrams. On peut en citer un autre, l'ancien directeur de la CIA, James Woolsey, aujourd'hui membre du Defense Policy Board. Dans le domaine des médias, on trouve John Podhoretz, rédacteur du New York Post et ancien éditeur du Weekly Standard, ainsi qu'Irving Kristol, éditeur de longue date de Public Interest, l'organe des néo-conservateurs, et collaborateur de l'American Entreprise Institute. Son fils William est un idéologue des républicains. Citons encore Werner Dannhauser, un protégé personnel de Strauss qui a quitté le monde universitaire pour assurer la rédaction de Commentary, après le départ à la retraite de Norman Podhoretz, ainsi que deux autres membres de la rédaction du Weekly Standard, David Brook et Robert Kagan, le fils d'un professeur straussien de Yale, Donald Kagan. Côté justice, mentionnons le juge de la Cour suprême, Clarence Thomas, et le ministre de la Justice, John Ashcroft. Pour ce qui est du gouvernement, on y trouve Lewis Libby, directeur de cabinet du vice-président Richard Cheney et ancien élève de Wolfowitz à Yale.

3122_ L'élaboration de doctrines militaires

Après le 11 septembre 2001, insatisfait des renseignements fournis par la CIA et l'intelligence militaire, Abram Shulsky fut nommé à la tête d'une unité de renseignements au sein de la bureaucratie civile du Pentagone, censée produire, sinon inventer, tous les montages dont les faucons avaient besoin pour justifier les guerres préventives. Straussien convaincu, Shulsky anime encore aujourd'hui des débats sur la pensée du « maître ». Parmi les « penseurs » et stratèges, on compte l'auteur du Choc des civilisations, Samuel Huntington, ainsi que Francis Fukuyama et Allan Bloom, décédé. Tenus plutôt à l'écart du gouvernement pendant la présidence Clinton, les straussiens ne sont cependant pas restés inactifs. En plus de l'élaboration de doctrines militaires, dont celles qui ont cours actuellement, ils ont notamment rédigé un document pour le gouvernement israélien (Clean Break), prévoyant la fin des accords d'Oslo. Plusieurs disciples de Strauss et de Bloom avaient d'ailleurs émigré en Israël où ils militaient contre la paix. L'Institute for Advanced Strategic and Political Studies (IASPS) a été créé à Washington et à Jérusalem en 1984, afin de promouvoir le libre-échange et explicitement, dès 1996, la pensée de Strauss. Début 1997, William Kristol et Robert Kagan, deux « intellectuels dans la tradition de Strauss », ont lancé à Washington, en collaboration avec l'American Entreprise Institute, une organisation intitulée Project for the New American Century, dans le but exprès de promouvoir la présence militaire américaine partout dans le monde, pour y tenir littéralement le rôle de « gendarme du globe », à commencer par l'Irak. Le 3 juin 1997, cette organisation a publié un acte de fondation, appelant à une nouvelle politique étrangère basée sur l'« hégémonie globale bienveillante » des Etats-Unis. Parmi les signataires de cette lettre: Elliot Abrams, William Bennett, Jeb Bush (frère du Président), Dick Cheney, Francis Fukuyama, Lewis Libby, Norman Podhoretz, Donald Rumsfeld et Paul Wolfowitz.

313.- Les instigateurs de la guerre permanente : histoire et architectes de la nouvelle doctrine américaine de guerre préventive

 

3131_ Les disciples de Leo Strauss

 

La guerre contre l'Irak et l'occupation anglo-américaine du pays est l'œuvre d'un groupe relativement restreint de personnages qui y travaillent depuis plus de douze ans. Nombre d'entre eux sont des disciples de Leo Strauss.   Dans le numéro du 31 mars du New Yorker, le journaliste d'investigation Seymour Hersh exposait en détail comment les enquêteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) avaient établi, en quelques heures, que les prétendus communiqués du gouvernement nigérien confirmant la vente de 500 tonnes d'oxyde d'uranium à Bagdad, étaient des faux grossiers, rédigés sur un entête officiel périmé depuis longtemps. Selon Hersh, les faux avaient été transmis à l'administration Bush par le service de renseignement britannique MI6 et auraient été fabriqués soit par ce dernier, soit par le Mossad, ou encore par des cercles de l'opposition irakienne, associés au Congrès national irakien (CNI) d'Ahmed Chalabi.

3132_La désinformation

Les propos à « Meet the Press »,attribués à des responsables de l’Administration américaine constituent le point culminant  d'une campagne vieille de douze ans, destinée à redessiner la carte du Proche-Orient et du golfe Persique au moyen d'une guerre permanente et d'une mainmise sur les matières premières. Et cette guerre des ressources stratégiques en cache une autre beaucoup plus large au-delà de la planète. Plus encore, ils confirment la détermination, préparée de longue date par un petit groupe de néo-conservateurs, dans le but politique de transformer les Etats-Unis, république constitutionnelle défendant l'intérêt général et une communauté de principes entre Etats-nations souverains, en une imitation moderne de l'empire romain, se livrant à des aventures impériales sanglantes à l'étranger et à une répression brutale sur le plan intérieur. C'est Schmitt qui, en 1934, obtint personnellement de la Rockefeller Foundation une bourse permettant à Leo Strauss de quitter l'Allemagne afin d'étudier à Londres et à Paris, puis aux Etats-Unis où il devint professeur à la New School for Social Research de New York et, par la suite, à l'université de Chicago. Dans l'Allemagne des années 20 et 30, Leo Strauss, ainsi que différents nietzschéens de gauche de l'Ecole de Francfort, dont Theodor Adorno, Max Horkheimer, Leo Lowenthal, Herbert Marcuse, etc.), décidèrent, pour la plupart, de quitter l'Allemagne pour se réfugier, notamment aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. L'un des chefs de file du courant straussien, effectivement, depuis son bureau de rédacteur en chef du magazine Weekly Standard , lancé en 1995 et financé par Rupert Murdoch, William Kristol a perfectionné l'art de la mobilisation politique. Fils de deux néo-conservateurs d'après-guerre, Irving Kristol et Gertrude Himmelfarb, William fut formé à Harvard à partir de sa dix-huitième année par l'un des principaux disciples de Leo Strauss, Harvey Mansfield, Jr. A l'époque où Kristol faisait ses études de doctorat, son camarade de chambre était Alan Keyes, un « co-straussien » qui obtiendra un poste au département d'Etat, sous Ronald Reagan. Parmi ses autres camarades de classe à Harvard, on trouve Francis Fukuyama, futur défenseur de la thèse nietzschéenne de « la fin de l'histoire », qui venait de l'université Cornell où il avait été formé par Allan Bloom, adepte du cercle intime des étudiants de Leo Strauss de l'université de Chicago.

 

Paul Wolfowitz fut l'un des premiers disciples de Strauss et de Bloom à s'installer à Washington. Alors qu'il achevait sa thèse à l'université de Chicago, Wolfowitz fut présenté, par l'intermédiaire de Bloom, à Albert Wohlstetter, fondateur de la RAND Corporation, et à Paul Nitze, grand « expert du désarmement » qui occupa un poste d'importance dans la plupart des gouvernements d'après-guerre. Au cours des années 70, Wolfowitz montait en grade dans la bureaucratie du désarmement en même temps qu'il tissait des liens avec d'autres straussiens et des protégés de Wohlstetter ayant infiltré le personnel de bon nombre de commissions du Sénat. Parmi les collaborateurs de Wolfowitz à cette époque, on compte Richard Perle, Stevens Bryen et Elliott Abrams, qui étaient alors collaborateurs, respectivement, aux bureaux des sénateurs Henry Jackson, Clifford Chase et Daniel Patrick Moynihan. Perle dit avoir rencontrer Wolfowitz pour la première fois en 1969, lorsque Wohlstetter les chargea tous deux de participer à un projet de recherches pour le sénateur Jackson. Parmi d'autres disciples de Strauss, on peut citer : - John Podhoretz, rédacteur de la page éditoriale du New York Post, le tabloïde de Murdoch, et ancien rédacteur en chef du Weekly Standard ; fils de deux membres de la première génération des néoconservateurs, Norman Podhoretz et Midge Decter ; - le juge de la Cour suprême, Clarence Thomas ; - le ministre de la Justice, John Ashcroft ; - le chef de cabinet du vice-président Dick Cheney, Lewis Libby, qui fut initié au monde de Leo Strauss par son professeur à l'université de Yale, Paul Wolfowitz ; - le responsable de la désinformation au Pentagone, Abram Shulsky ; - Gary Schmitt, directeur exécutif d'un projet de Kristol, le Project for the New American Century ; - David Brook, également rédacteur du Weekly Standard ; - Werner Dannhauser, un protégé de Strauss qui quitta le monde académique pour devenir rédacteur du magazine des néoconservateurs, Commentary, suite au départ à la retraite de Norman Podhoretz ; - Robert Kagan, également du Weekly Standard et fils d'un important straussien de Yale, Donald Kagan. Comme l'illustre si bien le cas Wolfowitz, ce cercle de disciples de Strauss, ainsi qu'un cercle plus restreint de compagnons de route du camp conservateur et du Likoud, agit depuis une trentaine d'années comme un réseau souterrain dans le gouvernement et autour, attendant le moment opportun pour lancer leur opération. Les attaques du 11 septembre 2001 leur offrirent la chance de leur vie, et ils étaient prêts à la saisir.

 

3133_La guerre préventive

Le 21 mai 1991, à la demande de Dick Cheney, alors secrétaire à la Défense, une équipe de stratèges civils du bureau politique du Pentagone dresse un tableau de la situation stratégique au lendemain de la dissolution de l'Union soviétique et de ses implications pour la sécurité nationale des Etats-Unis. Le plus gros de l'exposé est présenté par le sous-secrétaire à la Défense chargé des questions politiques, Paul Wolfowitz. L'équipe comprenait également Lewis Libby, adjoint de Wolfowitz; Zalmay Khalilzad, un protégé d'Albert Wohlstetter, de la RAND et de l'université de Chicago, et Eric Edelman, un diplomate de carrière subordonné à Wolfowitz. Aujourd'hui, tous quatre détiennent des postes importants dans le gouvernement Bush: Wolfowitz est numéro deux du Pentagone, Libby est chef de cabinet et conseiller à la sécurité nationale de Cheney, Edelman est l'adjoint de Libby et Khalilzad est chargé des liaisons entre la Maison Blanche et l'opposition irakienne. Lors de cette présentation, Wolfowitz proposa que les Etats-Unis adoptent une politique d'action préventive afin d'empêcher, par tous les moyens, une nation ou un groupe de nations de défier la « primauté » militaire et économique des Etats-Unis. Ce n'est un secret pour personne que Cheney et Wolfowitz étaient furieux contre le président Bush pour avoir refusé, suite à la « Tempête du désert », d'envoyer sur Bagdad les forces de la « coalition », dirigées par les Etats-Unis, pour renverser Saddam Hussein. Il semble bien que, depuis cette époque, Wolfowitz soit obsédé par la chute du dirigeant irakien et par la transformation de l'échiquier moyen-oriental.

3134_Un nouveau siècle américain

Début 1997, William Kristol et Robert Kagan, deux « intellectuels » straussiens, se joignirent à des collaborateurs de l'AEI pour tenter d'imposer au gouvernement Clinton la politique de « rupture nette ».  Depuis leurs bureaux situés au cinquième étage du siège de l'AEI, ils lancèrent une nouvelle organisation dont le but spécifique était de promouvoir l'idée que les Etats-Unis étaient destinés à devenir le gendarme unilatéral du monde - à commencer par l'Irak. Cette organisation fut baptisée Project for the New American Century (PNAC). Le 3 juin 1997, le PNAC  publia  une déclaration de principe, signée par Elliot Abrams, Gary Bauer, William Bennett, le gouverneur de Floride Jeb Bush, Dick Cheney, Midge Decter, Francis Fukuyama, Lewis Libby, Norman Podhoretz, Peter Rodman, Donald Rumsfeld, Paul Wolfowitz, etc. Le texte se basait sur un article de Kristol et Kagan, paru dans le numéro de juillet/août 1996 de Foreign Affairs, dans lequel ils appelaient de leurs vœux une nouvelle politique étrangère, basée sur l'« hégémonie globale bienveillante » des Etats-Unis. Le 26 janvier 1998, le PNAC publia une lettre ouverte au président Clinton, appelant à un « changement de régime » immédiat en Irak . Parmi les signataires de cette lettre, on trouve les personnes suivantes, qui sont toutes dans le gouvernement actuel: Elliot Abrams, Richard Armitage, John Bolton, Fukuyama, Khalilzad, Perle, Peter Rodman, Donald Rumsfeld, Paul Wolfowitz et Robert Zoellick. L'ont également signée, William Kristol, Robert Kagan et James Woolsey, qui dirigea brièvement la CIA sous la présidence Clinton et avocat du CNI en 1998. En septembre 2000, à la veille des élections présidentielles opposant George W. Bush à Al Gore, le PNAC consacra une longue étude à la « reconstruction des défenses de l'Amérique », qui remettait sur la table la stratégie de guerre préventive, prônée par Cheney et Wolfowitz en 1991-93. Parmi les participants à cette étude, on trouve le protégé de Wolfowitz, Lewis Libby. Après un bref passage comme conseiller juridique à la commission Cox, qui prônait une confrontation avec la Chine et la Corée du Nord, il allait bientôt être nommé chef de cabinet du vice-président Cheney. Il avait aussi été l'avocat personnel de Marc Rich, un « parrain » de la mafia russe, condamné par contumace par une cour fédérale américaine pour fraude fiscale et « commerce avec l'ennemi ».

3135_Un nouvel outil

C'est grâce aux efforts personnels de l'ancien secrétaire d'Etat George Shultz, autre idéologue de l'Ecole de Chicago, que Wolfowitz avait été admis chez les « Vulcains », le club intime des conseillers politiques du candidat présidentiel de l'époque, George W. Bush, ce qui lui permit de faire venir Richard Perle et d'autres néo-conservateurs au Texas pour des sessions d'endoctrinement du Président. Grâce à cette relation personnelle avec Bush, Wolfowitz put remplir le bureau de Rumsfeld de disciples de Strauss et de partisans du Likoud. Par conséquent, Paul Wolfowitz et Doug Feith mirent sur pied une unité de renseignement spéciale. Sa mission était claire: fournir au secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld - qui avait rejoint entre-temps le camp de Wolfowitz - de l'« intelligence » permettant de contre-carrer la résistance de la CIA et de la DIA aux plans anti-Saddam. Pour diriger cette nouvelle unité, enfouie quelque part dans la bureaucratie du Pentagone, Wolfowitz et Feith choisirent Abram Shulsky. Autre disciple de Strauss, Shulsky avait travaillé pour le bureau du sénateur de New York, Daniel Moynihan, aux côtés d'Elliot Abrams et de Gary Schmitt (actuel directeur du PNAC). En 1999, Shulsky, Khalilzad et d'autres avaient rédigé pour la RAND Corporation une étude sur les Etats-Unis et la Chine, qui soutenait que la Chine, plus que toute autre nation, représente un défi direct pour la suprématie militaire américaine internationale et régionale, et qu'il fallait donc l'affronter directement. Parmi les collaborateurs de cette unité de renseignement spéciale des « faucons mouillés », citons : - Harold Rhodes, spécialiste du Moyen-Orient à l'Office of Net Assessments du Pentagone, dirigé par le Dr Andrew Marshall qui, avec Albert Wohlstetter, avait fondé la Rand Corporation à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Michael Ledeen admet dans son dernier livre que Rhodes est « son gourou pour les questions moyen-orientales depuis une vingtaine d'années ». En 1991, Rhodes travaillait au bureau du Pentagone, en charge de la Turquie, au moment où Richard Perle et Doug Feith dirigeaient une société internationale de consultants qui vendait de l'équipement militaire israélien à la Turquie. Wolfowitz décrit Rhodes comme son « conseiller aux affaires islamiques ». William Luti, ancien conseiller du vice-président Cheney, récemment promu sous-secrétaire à la Défense pour le Proche-Orient et l'Asie du sud. Apparemment, il est obsédé depuis des années par l'idée de renverser Saddam Hussein et, selon un visiteur récent, son bureau est rempli de photographies et de coupures de presse concernant le dictateur irakien. Le 17 décembre, Luti et le général David Barno ont rencontré dans le plus grand secret, à Londres, onze dirigeants de l'opposition irakienne et ont choisi un premier groupe d'Irakiens devant suivre un entraînement pour participer aux opérations militaires américaines. Reuel Marc Gerecht, officier de la CIA à la retraite. Il a servi de liaison entre l'unité de Shulsky et l'opposition irakienne à Londres et ailleurs. Installé à Bruxelles, Gerecht est collaborateur de l'AEI et directeur de l'initiative sur le Moyen Orient du PNAC.

 

3136_ Hégémonie bienveillante.

 

Dés lors, les Etats-Unis ont besoin d’assurer leur « prise » sur le monde en affrontant des « micro » puissances qui permettent l’affirmation mondiale de la puissance américaine. Plus encore, il s’agit pour les Etats-Unis en refusant toute norme internationale pouvant restreindre la liberté d’action américaine d’imposer au monde, sous le vocable exprimé déjà sous le mandat de Bill Clinton : Shaping the world (façonner le monde). Pour eux, il s’agit donc aujourd’hui et avant tout de façonner et stabiliser durablement un « équilibre » impérial. Les Etats-Unis visent donc à maximaliser leur puissance afin de se maintenir en position absolue de sécurité et de tenter de conserver ce trait majeur de leur politique qu’est le Self-Help (« chacun pour soi »), alors même que leur rapport à l’ennemi n’était pas celui d’une prise à revers ou d’un contact, mais celui d’une projection au sein d’un environnement global d’intérêts. Pour autant, les engagements et surtout les intérêts américains, sont aujourd’hui trop importants pour qu’ils puissent être tous défendus par les seuls Etats-Unis d’Amérique (35% des soldats d’active américains sont aujourd’hui déployés hors du territoire américain). Le système militaire américain, qui n’a pas la taille requise pour contrôler et maîtriser « l’Empire », c’est d’abord et avant tout aujourd’hui une formidable puissance aéronavale (en y incluant la dimension spatiale) bien plus qu’une puissance militaire terrestre. Néanmoins, l’US Army est devenue un vecteur aéroterrestre projetable sur la planète entière, tandis que l’introduction des technologies de l’information devrait en décupler les capacités face à des actions qui jusqu’alors ne s’inscrivaient pas dans la durée. De là aussi une triple impérieuse nécessité. D’abord celle de la démonstration de cette puissance militaire américaine face aux puissances potentielles. Ensuite, celle du renforcement constant de la course aux armements afin d’annihiler toute volonté de ces prétendants. Enfin, celle du recours aux « auxiliaires », car pour défendre ces intérêts américains dispersés à l’échelle du globe dans une logique de multiplications d’autant de situations régionales, les Etats-Unis devront « obligatoirement » s’appuyer sur le soutien d’alliés (vassaux), essentiellement occidentaux (les pays de l’Union Européenne, Grande-Bretagne et France principalement), mais aussi parfois, alliés de la zone Pacifique par le biais de solidarités (notamment au sein d’instances de régulation régionale).
Le futur de l’OTAN s’inscrit dans ce schéma en transformant l’Alliance Atlantique en un réservoir de forces permettant la constitution de coalitions militaire au profit des intérêts américains. La logique militaire américaine sera de garder le monopole de l’organisation logistique, du renseignement, du commandement et du contrôle afin d’assurer la suprématie de ces forces de projection et occasionnellement celle de ces auxiliaires. Mais surtout elle conservera le contrôle de la capacité d’action de ces mêmes auxiliaires en leur attribuant notamment des tâches militaires sélectives, tout en répartissant à l’échelle de la planète, par zone d’espace-temps, les degrés de violence tolérés, hiérarchisés et ciblés dans une définition à la fois du désordre au regard de leurs intérêts et de règles d’engagement dans l’action militaire des supplétifs. La pensée militaire américaine est d’abord et avant tout utilitaire.


3137_Démocratie exportée.


Puissance dominante et puissance hégémonique , les Etats-Unis ne laisseront donc à court et moyen terme aucune autre puissance devenir dominante sur un théâtre d’opérations. De là, la constitution d’une vision et d’un nouveau droit à l’intervention unilatéraliste du type anti-asymétrie (contre le terrorisme, la prolifération, …), dans une redéfinition pré-protectorale.
Le Proche et Moyen-Orient forment aujourd’hui un espace mondial qui, depuis 1945, n’a connu ni développement économique, ni social, ni politique. Pire aux yeux des américains, depuis cette date il s’agit d’un espace particulièrement ambivalent car les gouvernements (non démocratiques au demeurant) alliés des Etats-Unis ne « jouent » pas pour autant franc-jeu et soutiennent des « ennemis » objectifs des Etats-Unis et de leurs intérêts. Face à cela, il convient dorénavant de découper, morceler, remodeler et reconstruire durablement cet espace au profit de la puissance dominante. Et ce, en s’attaquant d’abord à la pierre angulaire de l’édifice moyen-oriental qu’est l’Irak. La guerre a eu lieu et le régime baasiste a été  déposé. Ensuite, la volonté est de prendre en tenailles l’Iran et de contrôler à la fois son régime et son évolution qui peut être positive ; et enfin, de permettre une possible régulation d’Israël car une présence américaine forte en Irak en réduira l’autonomie stratégique. Et, après le Proche et Moyen-Orient, suivant le nouveau paradigme qui se met en place, les Etats-Unis visent un nouvel adversaire. Comment ne pas s’interroger sur la Corée du Nord et sa place dans le tableau général ? Pour autant, les Etats-Unis ne seraient-ils pas aussi le « fou » d’Epictète qui estime que les événements se doivent d’arriver comme il les a pensés ? Les Etats-Unis sont persuadés de l’existence d’une opportunité de réorganisation géopolitique du Proche et Moyen-Orient, mais l’échec est aussi possible face à l’existence de poches légitimes de résistances identitaires (nationales, idéologiques, religieuses, …) qui refuseront la soumission. Nous assisterions alors à l’accentuation du désordre géopolitique mondial et à l’attisement des tensions, car les Etats-Unis se sont focalisés sur un espace stratégique. Et après ! Qui, au Sud ?

 

32.- Cas du  Congo

 

321.-Les réseaux mafieux

 

Depuis 1960,le Congo ne dispose d’aucun réseau d’idéologues intellectuels, forgés à partir des officines universitaires. Il y a certes des groupes des criminels, constitués d’assassins forcenés, qui ont pris le relais des agents sanguinaires de Léopold II : le Groupe de Binza, la Prima-Curia, la Kengo-Mafia, la Confrérie de Lemera, la Sanguification de Gbadolite, la Gouroucratie des lumpams, quelques chefs médaillés(alias charismatiques). Le Congo n’a ainsi pas de repère de Libération. Et la zombiecratie, ce cancer irréversible, sème la destruction,  la ruine et la mort. Et les faits sont là. Le 30 juin 1960, profitant de l’ignorance et de la naïveté du Premier Ministre Lumumba, le Gouvernement belge, accorde l’Indépendance du Congo, sans Traité de cession du Patrimoine de l’Etat congolais prédécesseur à l’Etat congolais successeur. Ce contentieux non vidé cause une perte de 6.000 (six mille) milliards $ us, non recouvrés à ce jour par la RDC auprès de l’Etat belge. Le Groupe de Binza, qui s’est emparé du pouvoir d’Etat, s’est employé pour couvrir cet immense hold-up d’Etat. En 1970,le Groupe de Binza s’élargit en un plus grand cercle, la Prima-Curia. Les réseaux de ce dernier, se sont ingéniés à réduire  le produit par tête d’habitant congolais, de 1.600 $ us en 1965 à 200 $us en 1996, transférant la différence, cad,1400 $us au patrimoine us, enrichissant les usa de 84 milliards de $ us/an, provenant de la production dissimulée des ressources naturelles congolaises. Les années 1970 se terminent par l’installation au cœur de ces réseaux mafieux, un noyau dur, la Kengo-Mafia, chargée de liquider ce qui en restait de l’Etat congolais. Entre 1982-1990,la furie de cette mafia détruit le budget de l’Etat. L’Education nationale, qui représentait 22% du budget, voit son enveloppe ramener à 2% ;la santé(de 10% à 0,2%),etc. Il en était de même de  la liquidation de l’armée pour ne s’occuper que de la garde prétorienne du Guide. Et, en novembre 1996,la Confrérie de Lemera n’avait aucun mal pour  vendre le reste du Lambeaux-Congo aux  enchères. Tous les pays voisins se partagent la dépouille-RDC :  Rwanda, Ouganda, Burundi, Angola,..La confrérie de Lemera commet la plus haute trahison que personne n’osera attenter contre le Congo : donner tout le pouvoir d’Etat congolais aux puissances étrangères, sans intermédiaire. Le Congo s’est retrouvé du jour au lendemain une colonie internationale(depuis le 17 mai 1997) d’une constellation d’Etats voyous(Rwanda, Ouganda, Burundi). Ce crime sale, odieux,… n’a pas d’EXCUSE pour l’Eternité.

Pendant que se passe cette horreur, les élites congolaises doivent lire, relire …relire et méditer le premier chapitre de ce carnet de campagne et  l'exemple des débuts de la société américaine Intel. En 1968, lorsque Intel fut fondée par Andy Grove, Robert Noyce et Gordon Moore, l'Université Grinnell (Iowa), décida d'y investir $300 000, qui représentaient 10% du capital de départ. Aujourd'hui, ce 10% - revendu depuis - vaudrait 20 milliards de $US, représentant une croissance de 300 000% en 30 ans… Chaque jour, Microsoft peut gagner ou perdre des milliards de dollars de valeur boursière (63 milliards en mai 1999). 

 

322.-Les mythes des réseaux

 

Les réseaux straussiens se sont mobilisés autour d’un mythe, la  «loi du plus fort »,d’où sont sorties, notamment,  des doctrines telles que : «guerre préventive, rupture nette, nouveau siècle américain,… ».Ce sont  là plutôt des mythes de la force. Aujourd'hui plus qu'hier, les mythes parlent donc en faveur des riches. Ils leur donnent leur légitimité imaginaire, symbolique et politique. Il faudra inventer des mythes pour promouvoir l'équité, la justice, le respect des hommes, l'intérêt général et les vertus de la régulation. Mais est-il vraiment étrange que ces mythes n'existent pas, depuis des millénaires et des millénaires de l'histoire de l'humanité? De fait, il n'existe pas de mythes pour les pauvres et les démunis, depuis l’imposition de la civilisation militaro-industrielle, après l’invasion de l’Egypte, en -1785,avant notre ère. Les sémites y ont rasé la civilisation scientifico-agraire qui y prospérait pour tous.

On s'aperçoit que l'argent obscurcit l'esprit et que le mythe de la nouvelle économie, relayé par l’idéologie des straussiens, au pouvoir aux Etats-Unis, constitue la machine de guerre des puissants, la simple loi des plus forts;qu'il n'a aucunement aidé au développement de la démocratie dans le monde, ni au développement des deux tiers de l'humanité qui le subit. Il faut repenser les rapports économiques autrement, gérer par exemple les ressources mondiales de l'eau - l'or bleu - selon des principes d'équité et de nécessité humaine, plutôt que selon les rapports de force impitoyables de l'économie sauvage, et qu'il faudra donc civiliser, ou dompter, pour en préserver la force créatrice, sans qu'elle puisse mette en péril les hommes, qu'elle doit servir, et non asservir. Ni la mondialisation, ni la nouvelle économie, ni la guerre préventive  ne sont des mythes irrésistibles et irréversibles. Il est naïf de croire qu'ils véhiculent la libération des peuples. Et les politiques du FMI - le Fonds monétaire international - qui ont pris valeur de symbole de cette pensée magique - de la nouvelle économie planétaire, ont démontré qu'elles sont les instruments d'une véritable violence économique, faite aux plus faibles, en toute légalité. Le Congo, tant nanti par la Création, devra accepter de partager son eau douce, son énergie hydraulique si abondante. Le Congo doit inventer la démocratie politique, la vraie, et non pas celle des marchands. Celle qui doit s’accomplir dans des communautés à échelle humaine, villages, groupements, chefferies, quartiers, villes, régions ou nations, où le droit de vote puisse s’exercer dans un rapport de proximité. Il suffit d’essayer d’imaginer ce que serait une démocratie mondiale pour prendre la mesure de cet impératif : ce ne pourrait être qu’une dictature centraliste et bureaucratique. Un gouvernement mondial, ce serait un totalitarisme, une techno-structure digne des cauchemars de la science-fiction, la réalisation du Grand Ordinateur Central, Grand Ordonnateur du contrôle des masses et de l’arbitraire incontrôlable de quelques super-hommes. Il faut l’admettre, même si de nos jours, l’utopie mondialiste promet des valeurs trans-nationales : il ne peut y avoir de démocratie sans nations et solidarités de proximité. Il ne faut pas se voiler la face. Trois ans de straussisme états-unien au Moyen-Orient, en Asie centrale, en Palestine, en Afrique,…,le monde est méconnaissable. Et ce n’est pas fini. 

 

323.-Le Mythe d’un « Congo ascensionnant »

 

Après l'homme des clans et des castes, des cités et des nations, l'homme de la lutte des classes et, maintenant, l’homme hégémonique unilatéral, le Congo doit contribuer de manière décisive à l'émergence  de l’homme global ascensionné, de l'homme réseau.

Quelle que soit la confusion créée par des trivialités religieuses, très dommageables pour l’humanité, le Congo dispose d’un repère d’ascension planétaire, Simon Kimbangu, incarnation de la Libération primordiale et Vainqueur de la plus atroce barbarie du XXème, telle que le démontre l’auteur du livre « Le Sang sur les lianes ».  Les êtres humains doivent se changer, s’interchanger, améliorer leur vie et leurs  conditions sociales. Les forces économiques aveugles ne peuvent décider de notre destin. L'humanité dispose des ressources naturelles et technologiques suffisantes pour éradiquer les structures intolérables : inégalités Nord-Sud, famines, précarité, violences. Les solutions se trouvent en Afrique, berceau de la solidarité et du dialogue planétaires. Le monde a besoin de l’Afrique comme catalyseur pour provoquer la révolution pacifique de I'avenir.  En effet, les  gouvernements nord-barbares sont impuissants à enrayer quoi que ce soit, ne fut-ce que le simple réchauffement planétaire, conséquence de la pandémie que  leur " civilisation militaro-industrielle" provoque à la planète. Comme - de toute évidence - il nous est impossible de trouver une autre planète habitable, nous sommes donc condamnés à nous gérer nous-mêmes, et à protéger l'intégrité de la  Terre - dans tous ses composants vivants - si nous voulons vivre. Nous n’avons pas d’autres choix que la mort ou la vie : toute autre idée n’est que rêverie, et fuite en avant...Pour gagner ce défi, nous sommes donc dans l’obligation urgente de lutter contre les causes de l'apocalypse en cours : ce qui implique d’inventer une nouvelle civilisation qui intègre connaissances scientifiques et spiritualité, pour pouvoir restaurer - enfin - l’harmonie perdue de l’Homme avec la Terre et le Cosmos.